Mes mises en scène

Pages arrachées 1914-1915

Co-Mise en scène avec R. Louise Caron : 2013-2014

Ni ode à la guerre, ni reconstitution historique à sensation

"Pourquoi une publication de plus dans ce moment où l’esprit utilitaire des censeurs pousse la manie de la fortification jusqu’à ajourer de crénaux les colonne des journaux qui existent ? Tout simplement parce que nous, poilus de 1914, 1915 et à venir, déclarons que les journaux qui existent nous ennuient depuis le jour où nous les reçument pour la deuxième fois.
L’on ne peut plus ouvrir un de ces canards sans y trouver une bribe de tripe percée ou éclatée qui témoigne de l’héroïcité du Sang. Eh bien, non ! Il y en a assez, nous ne sommes pas héroïques ; nos actions d’éclat sont des faits réflexes, à l’instar du maniement d’arme. C’est assez monter le coup au public des capitales et des garnisons. Sous prétexte que nous n’accueillons pas les démonstrations de la Teutonie avec des pots de fleurs et des gâteux secs arrosés de vin blanc, nous voilà héroïques. Sous prétexte que quand nous allons chez eux, nous prenons des précautions, nous voilà héroïques ! Sous prétexte que quand le capitaine reçoit un pruneau on l’emporte pour ne pas le laisser détériorer davantage, c’est encore de l’héroïsme !...
Eh bien, en voilà assez de notre héroïsme, de nos actions d’éclat. Si nous laissons faire ces sacrés journalistes nous serions comme ces faiseurs de boniments dont on attend toujours de bonnes blagues. Une fois rentrés chez nous on nous entourerait, et on attendrait toujours une action d’éclat, un acte héroïque." 
(La Guerre joviale, journal du 6eme Bataillon du 220. Premier numéro d’août 1915)
Un des journaux cités dans le spectacle.





En août 1914, la vie de millions de personnes a basculé dans la guerre ; leurs lettres, leurs témoignages contredisent souvent le message officiel et la propagande. Les ouvrages, qu’il s’agisse de romans ou de récits, écrits ensuite par certains survivants complètent ces témoignages. Français ou Allemands, ils déplorent le carnage auquel ils participent et sur lequel ils n’ont aucune prise. 



C’est de ces anonymes que parle le spectacle « Pages arrachées : 1914-1915 ». Ce n’est ni une ode à la guerre, ni une reconstitution historique à sensation. Simplement deux comédiennes et deux comédiens d’aujourd’hui qui, confrontés aux documents d’époque, tentent au milieu des spectateurs de saisir la complexité historique des années 14-15.



La distribution : 






Photographies/Vidéos

La pièce a été filmée par Edmond Zimmermann (00ZIMPROD) et Gilbert Comparetti (Site Le 30 en scène). On trouvera sur le site 30 en scène de nombreuses photos.


La ménagerie de verre, de Tennessee Williams

Mise en scène : 2012

Le choix d’une pièce qui nous parle d’aujourd’hui

« Je parie que vous ne savez pas que la Ménagerie de verre a été conçue à l’origine comme un scénario. J’allais l’appeler : « Le Call-boy » ou « Des gens pas si beaux que ça » ou quelque chose de ce genre. M.G.M. a refusé ma version, et je l’ai adaptée pour le théâtre, en y incorporant des idées que j’avais apprises dans un stage d’écriture de scénarios. Je crois que la pièce était très influencée par le fait d’avoir été d’abord écrite pour l’écran, ce qui est drôle parce que c’est une des pièces qui m’a valu le plus de célébrité ». (Tennessee Williams, Confessions d’un rossignol).

Comme le souligne la citation reproduite ci-dessus, cette pièce fut d’abord un scénario pour le cinéma. Il y a l’utilisation systématique du flash-back, mais le film dont il s’agit est celui que Tom projette sur « l’écran noir de ses nuits blanches », et auquel il choisit – pour un soir – de nous faire assister. Ceci tient finalement moins du film que du rêve éveillé. D’ailleurs, les quatre personnages sont tous des rêveurs à leur façon…même si leurs rêves sont incompatibles (entre eux et avec le contexte socio-économique).
 Quel rêve peut-on être autorisé à faire dans la ville de St-Louis (point de convergence de miséreux et de déclassés de toutes catégories) ayant pris de plein fouet les retombées de la Grande Dépression et dont la jeunesse cherche à s’étourdir par la musique, la danse, l’alcool, les amours passagères…dans l’attente de la guerre qui arrive. La réponse est contenue dans les dernières paroles de Tom prononcées à la fin de la pièce : « aujourd’hui, le monde est illuminé d’éclairs ! ». Pas les illuminations de la fête, mais les éclairs des bombardements. En montant cette pièce, on est frappé par les résonnances avec le monde d’aujourd’hui. Un monde dans lequel le rêve est mal venu, un monde fragile comme une ménagerie de verre. Ce contexte est au cœur de la pièce et lui donne toute son actualité.
Quel que soit la gravité des propos sous-jacents à cette pièce, l’humour de T. Williams, son regard humain et critique sur la société en crise qu’il décrit, évitent toute pesanteur mélodramatique et soulignent ce que le texte renferme de légèreté et de goût de la vie.


L’auteur, Tennessee Williams


Né en 1911 dans le Mississipi, Thomas Lanier Williams, dit Tennessee Williams, est mort en 1983 à New-York. Son œuvre a connu un succès mondial à travers le cinéma. La plupart de ses pièces montées à Broadway, sont devenus des films qui ont contribué à la notoriété de nombreux acteurs américains : Vivian Leigh et Marlon Brando dans Un tramway nommé désir, Burt Lancaster dans La rose tatouée, Liz Taylor et Paul Newman dans La chatte sur un toit brûlant, Katharine Hepburn et Montgomery Clift dans Soudain l’été dernier, Ava Gardner et Richard Burton dans La nuit de l’iguane.

La pièce « La ménagerie de verre », connue elle deux adaptations cinématographiques. La première en 1950, un des premiers grands rôles de Kirk Douglas, puis de nouveau en 1987 dans une réalisation de Paul Newman avec John Malkovich dans le principal rôle masculin.

En 2011, Tennesse Williams fut le premier auteur américain (et le premier auteur non européen) à rentrer au répertoire de la Comédie Française, avec Un tramway nommé désir. Ses œuvres sont constamment jouées avec succès en France, avec des interprètes comme : Edwige Feuillère, Jeanne Moreau, Romane Bohringer, Eric Ruff de la Comédie Française, Isabelle Huppert,…




Distribution

Louise Caron : Amanda ; Pierre Letailleur : Tom; Vincent Kauffmann : Jim; Elodie Singlard : Laura
Mise en scène et régie : Michel Caron
Assistant à la mise en scène : Yan Liger

Photographies/Vidéos

La pièce a été filmée par Gilbert Comparetti (Site Le 30 en scène) lors de la générale le 14 septembre 2012.
Les photos reproduites sur cette page proviennent de ce film. On trouvera sur le site de nombreuses autres photos et des extraits vidéo.

Extrait de la video : http://www.theatre-video.net/video/La-Menagerie-de-verre-de-Tennessee-Williams


THE GLASS MENAGERIE is presented through special arrangement with the University of the South, Sewanee, Tennessee.



De brèves rencontres

Co-Mise en scène avec R. Louise Caron : 2009

L'absurdité du quotidien

De brèves rencontres est le titre générique d’une série de dix textes écrits à deux, conduisant à des scènes courtes où la rencontre de personnages sert de fil conducteur. Ces textes offrent une suite d’intrigues absurdes, improbables, folles. L’absurdité des situations et le désordre du langage permettent de mettre en scène des personnages dont l’existence est dérisoire dans un monde déraisonnable où ils se débattent, un monde que l’on préfère qualifier d’imaginaire pour ne pas être obligé de constater que celui dans lequel nous vivons y ressemble comme deux gouttes d’eau. Ce sont des tranches de vie dans lesquelles le décalage engendre le rire, le malaise ou la réflexion… " Nous ne sommes pas libres. Le ciel peut encore nous tomber sur la tête. Et le théâtre est fait pour nous apprendre tout cela. " Antonin Artaud.


Distribution
Olivia Bouillot, Louise R. Caron, Michel Caron, Martine Gazon, Patrick L'homme, Pierre Letailleur.

Mise en scène
Louise et Michel Caron
Assistante : Danielle Grosselin

Photographies/Video
Pas de saisie du spectacle


La Crique, de Guy Foissy

Co-Mise en scène avec R. Louise Caron : 1999 (reprise en 2009)

Quand le rêve tourne au drame


Grâce à la propriété multiple et temporaire, un couple achète une caravane fixe pour une semaine par an, sur une plage du Cotentin du Nord, en novembre.  

L'auteur
  L’auteur, Guy Foissy, a reçu le Prix Courteline (1978) et le Grand Prix de l'Humour Noir du Spectacle (1979). Parallèlement, il fut, entre autres, administrateur du Théâtre de Bourgogne, directeur du Centre d'Action Culturelle de Mâcon, et directeur du Centre Culturel français de Gênes. De pièce en pièce on retrouve dans l’univers de Guy Foissy des personnages qui sont toujours victimes d’un état de fait, d’une agression sociale, d’un conflit et qui, vulnérables et désemparés, ne sachant pas se défendre, soit se résignent et tombent dans le jeu, soit réagissent mais d’une façon dérisoire.

 G. F. se définit ainsi: " les définitions ne m’intéressent pas mais s’il en faut une c’est l’humour noir qui définirait le mieux mon attitude vis à vis du théâtre, de la vie, et qui consiste dans une espèce de recul et de dérision que je ressens par rapport à beaucoup de choses. "

Mise en scène et interprétation :
Louise R Caron et Michel Caron


 
 

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